Afnor et réseaux de soins

Alors que le référentiel Afnor doit être modifié, la Fédération a rendu un avis négatif. Le syndicat reproche au texte qui lui a été présenté, de rendre facultatifs les items concernant la réfraction. « Tout est fait pour permettre à ceux qui sont en galerie commerciale ou qui n’ont pas d’espace de réfraction d’être validés dans les réseaux, selon Alain Gerbel. Alors avec un même logo et une même certification, il y aura deux types d’opticiens qui ne feront pas le même métier. Nous avons donc demandé un avis au Cofrac (Association chargée de l’accréditation des laboratoires, organismes certificateurs et d’inspection). Si nous n’avons pas de réponse, nous saisirons la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) pour concurrence déloyale ».

Concernant les réseaux de soins, le syndicat milite toujours pour leur suppression pure et simple. « Supprimer le remboursement différencié ne suffira pas car cela laissera la porte ouverte aux réseaux de soins ouverts. Nous avons proposé à tous les politiques un « après réseaux » par le biais des partenariats de soins autour de la prévention. Nous pouvons travailler avec les Ocam pour prendre à notre compte certaine pathologie ou certain dépistage comme l’examen de vue dans le cadre du permis de conduire », nous a précisé le président du syndicat.

Mieux définir le métier d’opticien et adapter la formation 

En ce sens, la Fnof a travaillé à la corédaction d’une proposition de loi (PPL) avec l’association des opticiens Ain-Jura et le député de l’Ain, Damien Abad. Probablement déposée à la rentrée parlementaire, en septembre prochain, elle va plus loin sur la définition du métier et des règles d’exercice de la profession. « Il faut que dans 10 ou 15 ans, l’opticien devienne la personne indispensable pour l’appareillage. Il s’agit d’aller au-delà des verres et des lentilles en prenant en considération les nouvelles technologies par exemple », a précisé à acuite.fr Alain Gerbel.

La PPL reprendra notamment la définition du métier écrite par le Cnof (Collège national des opticiens de France) :

« L’opticien lunetier est le professionnel de santé qualifié dont la mission consiste à améliorer, maintenir, restaurer et protéger la vision de toute personne notamment à travers la fourniture d’un équipement optique. 

Pour ce faire, il évalue, mesure et détermine les compensation donnant les meilleures acuités et capacités visuelles en utilisant les principes de la physique, de la réfraction et de la physiologie du système visuel. 

Il mesure, propose, réalise et délivre les appareillages d’optique aérienne, de contact et d’aide à la vision dont il assure le suivi dans le cadre de la qualité de vie. 

Éducateur en santé, il dispense les conseils d’hygiène et de sécurité sanitaire et participe à la prévention ainsi qu’au dépistage en santé oculaire. »

Pour y arriver, le syndicat travaille aussi sur la réingénierie du diplôme d’opticien lunetier. Il défend une formation en 3 ans avec la révision du BTS et une année supplémentaire au niveau Licence comprenant 180 heures de formation. Pour la Fnof, le contenu devra être calqué sur les 5 orientations du DPC :

  • réfraction complexe ;
  • contactologie ;
  • basse vision ;
  • vision de la personne âgée ;
  • et vision de l’enfant.

« La formation continue est en avance sur la formation initiale. Il faut intégrer ce tronc de formation continue et, au fur et à mesure, nous passerons au master quand il y aura de nouveaux besoins et de nouvelles prérogatives ». À terme, Alain Gerbel est persuadé qu’il faudra « établir une formation commune à l’ensemble des professions sensorielles (opticiens, audioprothésistes, orthoptistes, orthophonistes) pour que chacun puisse ensuite se spécialiser. Tout le monde sait que ça finira comme ça mais on le construit, on y va doucement ».

Union dans la profession : la Fnof ne rejoindra pas le Rof 

Aussi lors de ce congrès, le président de la Fnof a été catégorique : « La Fédération ne s’alignera pas avec le Rof ». Son président considère qu’il ne mène pas les mêmes combats. « Je n’accepterai rien qui ne corresponde pas aux lignes que nous avons fixées. Nous sommes contre tous les réseaux commerciaux. Nous ne pouvons pas accepter les 9 propositions qui sont faites. Comment voulez-vous parler de déontologie et d’éthique, quand vous voyez les procès que se font les membres de cette association, a-t-il ironisé. Commençons par respecter les règles d’exercice avant de faire croire qu’on veut établir un code de déontologie ».

Les propositions de la Fnof aux présidentiables 

Enfin, la Fnof a soumis une liste de propositions aux opticiens présents. Elle demandera aux candidats à la Présidentielle de se positionner sur ces idées. Elle propose notamment :

  • Une prise en charge coordonnée de la santé visuelle sur l’ensemble des territoires. Dans ce cadre,  les opticiens seraient amenés à réaliser un contrôle de l’acuité visuelle des seniors tous les deux ans des 70 ans ou des enfants en âge scolaire, par exemples.
  • D’interdire les réseaux.
  • Un taux de TVA réduit (5,5%) avec obligation pour les complémentaires de maintenir leur niveau de prestation.
  • De garantir l’anonymisation du transfert des données de santé entre les opticiens et les Ocam.

En conclusion, Alain Gerbel a reçu le Dr. Thierry Bour, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), et Ludovic Mathieu, président du Groupement des industriels et des fabricants de l’optique (Gifo), pour présenter la 2ème version de la démarche santé visuelle. Il a appelé les opticiens à « travailler ensemble, pour avancer d’ici le prochain congrès de fin d’année à Biarritz. Tout est en construction. Il y a un grand espoir pour notre filière », assure-t-il.

La Fnof a reçu 10 associations locales (Les opticiens d’Alsace, Les opticiens Comtois, Les opticiens de l’Isère, Association des opticiens de Moselle, Les opticiens de Haute-Savoie, Les opticiens bretons, Optici’Ain Jura, Association des opticiens du Nord-Pas-de-Calais, Les opticiens de la Loire et les Olu). Les Opticiens-Lunetiers Unis ont remis un chèque de 5 000 euros à la Fédération pour soutenir le syndicat dans ses actions et de 1 000 euros au Cnof.