Alors que le couvre-feu est établi à 18 heures depuis samedi, certaines fédérations de commerce aimeraient une simplification des procédures pour pouvoir ouvrir le dimanche. Acuite.fr a interrogé André Balbi, Alain Gerbel et Véronique Bazillaud, à la tête respectivement du Rof, de la Fnof et du Synom, pour connaître leur position sur le sujet.

Alain Gerbel, président de la Fnof : « Penser à une ouverture entre 12 heures et 14 heures »

« Je ne vois pas l’intérêt d’ouvrir le dimanche. Le plus important aujourd’hui est d’adapter l’emploi du temps journalier à la situation : penser à une ouverture entre 12 heures et 14 heures et continuer à utiliser les prises de rendez-vous. Il faut ensuite fermer à 18 heures pour la clientèle et utiliser l’heure suivante pour la gestion interne de l’entreprise.

D’autre part, le dimanche a son lot de compensations pour le personnel, concernant notamment les temps de repos. Rappelons que la convention collective prévoit que le jour de repos compensatoire doit être accolé au dimanche. Beaucoup de coûts supplémentaires pour des résultats excessivement hypothétiques, surtout que la période de soldes qui arrive est rarement favorable à notre activité.

Aussi, compte tenu de la situation et du risque d’un 3e confinement, je pense qu’il est plus sérieux de continuer à gérer son entreprise avec une très grande rigueur, de contenir autant que possible les dépenses. »

André Balbi, président du Rof : « Ne s’oppose pas » mais « cette démarche n’est pas cohérente »

« Le Rof ne s’oppose pas à l’initiative de l’ouverture le dimanche, surtout quand on nous parle de restrictions fortes depuis des mois. Mais cette démarche n’est pas cohérente dans la lutte contre le Covid mise en place par le gouvernement et inciterait les gens à se déplacer.

Le Rof considère que l’optique reste une activité essentielle, et que si cette demande était suivie des faits, il appartiendrait à chaque opticien et entrepreneur de prendre en conscience la décision d’ouvrir le dimanche. »

Véronique Bazillaud, déléguée générale du Synom : « Restons responsables »

« Le Synom est favorable à toute action qui facilite l’accès aux soins visuels mais considère que, dans l’urgence, il faut rester responsable et solidaire des décisions de sécurité prises pour protéger les Français. De plus, une décision d’ouverture le dimanche ne peut pas être prise dans la précipitation, pour 2 semaines et sans visibilité à plus long terme. Elle nécessiterait de modifier des organisations RH en place et cela ne peut pas se faire dans l’urgence.

L’optique est une activité essentielle, mais le Synom appelle à être raisonnable et solidaire de notre système de santé. Nous respecterons la fermeture à 18 heures, les opticiens pouvant ensuite rejoindre leur domicile grâce à l’attestation prévue à cet effet.

Si la situation devait perdurer sur le long terme, nous pourrions évidemment réfléchir à des aménagements pour permettre aux Français d’accéder à la santé visuelle le plus facilement possible. Aujourd’hui, restons responsables. »